Mais où est le problème?
Et voilà que cela se sait: Une augmentation exponentielle des primes de caisses-maladie va nous...
[details]
10.10.11
Depuis l’introduction de la LAMal en 1996 et jusqu’en 2007, les coûts de la santé ont augmenté globalement de 45,9%, de manière assez linéaire, soit d’env. 4-5% en moyenne par année. Il est donc faux de parler d’une explosion des coûts!
Pendant la même période, les primes de l’assurance de base ont augmenté de 81%. Il est surprenant que ni le conseiller fédéral Pascal Couchepin, ni les « experts de la santé » de notre parlement n’aient remis en question cette différence évidente. C’est bien ici qu’est le gouffre qui engloutit des milliards de francs.
Quelqu’un doit bien tirer profit de cette différence, et ce ne peut être les prestataires de la santé. Car les médecins ont déjà « donné » (leur salaire réel a baissé de 45% entre 1970 et 2005!) – et c’est pour le moment le seul groupe du domaine de la santé qui l’ait fait ! Pendant la même période, le revenu des salariés d’autres branches a augmenté de 25 % (salaire réel). Et les augmentations de salaire dans les instances dirigeantes des caisses-maladie ne sont pas connues!
Des modèles de Managed Care, de franchises, des importations parallèles de médicaments ou encore la fermeture de certains hôpitaux ont peut-être le mérite d’amener une restriction modérée des coûts de la santé. Mais ces mesures ont un effet trop restreint et frappent les mauvaises personnes - les patients – et, avant tout, les soins en général.
Conflit sur la rentabilité
Monsieur Christoffel Brändli, ancien président de SantéSuisse, s’amuse à jeter de la poudre aux...
[details]
10.10.11
Le contrôle de la rentabilité – mené pas SantéSuisse avec l’accord du Tribunal fédéral – est devenu un moyen de pression efficace contre tout le corps médical, s’éloignant ainsi de son but primaire el que défini dans l’article 56 LAMal. Entre 2002 et 2006, la statistique indiquerait que les médecins travaillant de manière antiéconomique auraient augmenté de 50% ! Depuis 2004, l’on a introduit ANOVA au niveau national comme nouveau modèle mathématique, et le nombre de médecins « remarqués » est monté en flèche. En 2006, par exemple, au Tessin, environ un tiers de tous les médecins de famille et bien 5 sur 6 oncologues ont travaillé de manière « peu efficace », selon SantéSuisse. Nous attendons avec impatience de savoir combien de médecins seront qualifiés de « peu efficaces » après les pertes substantielles en bourse des caisses-maladie ! La prétendue discussion entre SantéSuisse et les médecins mis en cause, sur le bien des patients et les particularités des cabinets, est un bluff, car elle n’a jamais vraiment eu lieu. De plus, SantéSuisse refuse sans discussion toute analyse concrète par cas des cabinets médicaux et a même refusé ces dernières semaines de collaborer avec une taskforce de la FMH. Pourquoi une telle peur de la transparence ? Ce ne sont pas les « moutons noirs » qui sont sous pression, mais bien les « moutons blancs » – et avec eux les prestations médicales coûteuses causées par les maladies chroniques et les cancers.
Le Conseiller national Claude Ruey ne partage pas tous les points de vue de l’association faitière
Le Conseiller national Claude Ruey, depuis peu président de SantéSuisse (le lobby des...
[details]
10.10.11
Certains se demandent si Claude Ruey est bien à la bonne place en tant que président de SantéSuisse, donc du lobby des caisses-maladies. «La réductions des tarifs de laboratoire ne convainc pas SantéSuisse» titrait une dépêche de l’ATS. Elle notait que Claude Ruey doute de l’efficacité des mesures d’épargne initiées par Pascal Couchepin et fortement critiquées par les médecins. Le jour même, il y eut une rectification, et dans une deuxième dépêche, l’ATS annonçait : «SantéSuisse considère la baisse des tarifs comme appropriée.»
Est-ce que Claude Ruey a été poussé à changer son opinion ? «Sûrement pas», se défend-il. «Il n’y a pas de différences d’opinion entre le comité de SantéSuisse et moi-même.» Le Conseiller national a déclaré que l’ATS avait «mal interprété» ses propos qu’il avait prononcés à l’attention de différents quotidiens romands. «J’ai donc demandé une rectification par rapport à la fausse interprétation.»
Dans les interviews mentionnées, Claude Ruey avait pourtant donné une opinion nuancée sur les décisions prises par Pascal Couchepin et demandé une discussion ouverte afin de surmonter ces litiges stériles. C’est cela, la «fausse interprétation». Reste que Claude Ruey ne partage bel et bien pas tous les points de vue de SantéSuisse.
Dans ce bras de fer entre la Confédération et les médecins (qui sont contre une baisse des tarifs de laboratoire), ce petit hic n’est pas passé inaperçu. Jacques de Haller, président de l’association des médecins suisses, déplore que cette annonce de soutien ne soit restée qu’un mirage. «Nous avons pris connaissance de l’appel de Claude Ruey de mener un dialogue; c’est aussi notre souhait», a-t-il renchéri. «Mais peut-être le comité de SantéSuisse dans son ensemble ne le souhaite pas vraiment.»
Le médecin comme bouc émissaire
Voyons les faits ! Premièrement, la diminution politiquement motivée des réserves financières des...
[details]
10.10.11
Deuxièmement, à cause des turbulences sur les marchés financiers l’an dernier, les caisses-maladie ont subi des pertes substantielles comparables aux autres institutions, ce qui amoindrit encore plus leurs réserves.
Troisièmement, la médecine ne reste pas immobile. Et les progrès en matière de diagnostic et de thérapies font que les maladies et accidents peuvent être traités mieux et plus efficacement qu’auparavant. Ce progrès a aussi un prix.
Quatrièmement, l’extension irréfléchie des prestations de base n’a pas contribué à diminuer les couts. Nous rappelons que lors de l’introduction de la LAMal, les prestations de base à charge des caisses-maladie ont été augmentées de 50%. Quand on s’est rendu compte que cela ne menait pas à une réduction des coûts, on y a ajouté les prestations paramédicales (acuponcture, homéopathie, etc.). Et quand ceci n’a toujours pas eu d’effet de diminution des couts, on a essayé d’englober aussi les ASAD dans les prestations de base. Mais toutes ces mesures ont échoué.
Et en 2009, il ne restait enfin comme responsables présumés que les boucs émissaires habituels, soit les médecins, qui restent les « sacrifiés volontaires » de la politique de la santé.
Le médecin de famille moderne est un médecin très sollicité et n’a vraiment pas le temps de se pencher sur des détails tels les coûts des caisses-maladie. Il reste le dernier maillon de la chaine et doit donc assumer les erreurs faites en politique et par les caisses-maladie.